Les banques en ligne à l’assaut des petites entreprises
Les néobanques et autres fintechs cherchent à se démarquer avec des services vendus comme plus fluides et moins chers.
Après des fortunes diverses auprès des particuliers, les néobanques et autres fintechs s’attaquent au marché des professionnels et des petites entreprises, bastion des banques traditionnelles, et cherchent à se démarquer avec des services vendus comme plus fluides et moins chers. «C’est quand même assez coûteux d’avoir un compte en banque dans des banques traditionnelles», reconnaît Sébastien Tronel, cofondateur et responsable des finances de la société Trusk. Le dirigeant de ce groupe de logistique a remplacé une de ses deux banques historiques par Memo Bank, lancé en 2017, un «outil fiable» et «adapté» à ses besoins.
Darach Ellison, responsable au sein de la plateforme d’e-commerce Rakuten, cherchait quant à lui un prestataire financier «plus flexible». Les flux de paiement passent désormais par la banque en ligne Revolut. Même si tout n’est pas parfait «c’est mieux qu’une banque traditionnelle», assure-t-il. Si Revolut a commencé auprès d’une clientèle de particuliers, la fintech Qonto s’est construite depuis 2017 sur le seul marché des professionnels et des petites entreprises.
Darach Ellison, responsable au sein de la plateforme d’e-commerce Rakuten, cherchait quant à lui un prestataire financier «plus flexible». Les flux de paiement passent désormais par la banque en ligne Revolut. Même si tout n’est pas parfait «c’est mieux qu’une banque traditionnelle», assure-t-il. Si Revolut a commencé auprès d’une clientèle de particuliers, la fintech Qonto s’est construite depuis 2017 sur le seul marché des professionnels et des petites entreprises.
«On a beaucoup de clients par exemple dans le BTP, qui sont à la tête d’une entreprise de 3 à 5 employés», explique sa directrice générale Philippine Rougevin-Baville. Ce qu’ils viennent chercher? Un produit fiable et facile d’utilisation, un service client et des prix «justes et transparents», selon elle, à partir de 9 euros par mois. «Il n’y a pas de frais cachés et ça, c’est malheureusement la mauvaise surprise qu’ont la plupart des TPE et PME quand ils travaillent avec des banques traditionnelles», insiste Philippine Rougevin-Baville.
Temps postal au temps réel
Manager.one, Blank (groupe Crédit Agricole), Shine, BoursoBank (groupe Société générale), Monzo, Starling, Solarisbank, N26, Lunar… nombreux sont les acteurs financiers européens à s’être lancés sur tout ou partie du marché des professionnels et des petites et moyennes entreprises. La clientèle des entreprises génère pour une banque «plus de revenus en moyenne que les clients particuliers», analyse Margaux Vignal, du cabinet de conseil Bartle, puisqu’elles disposent en général de dépôts plus importants, source de rémunération pour la banque.
Les outils numériques à disposition de ces clients sont «un petit peu en retard (…) dans les banques traditionnelles», continue-t-elle, or «tout gérer en ligne» et «gagner du temps» sont devenus une demande fréquente des «nouvelles» TPE et PME. Le Covid «a changé énormément la donne», reconnaît Jean-Daniel Guyot, cofondateur de Memo Bank, forçant les entreprises à gérer l’ensemble de leurs opérations à distance. Mais ces nouveaux acteurs ne grignotent que petit à petit le gâteau des millions d’entreprises en Europe. «C’est un marché de confiance, il faut se faire un nom, une réputation, et pour ça il faut du temps», selon Jean-Daniel Guyot.
Quelle gamme de services ?
Les besoins des entreprises diffèrent en fonction de leur taille. Les professionnels et les TPE ont «des comportements qui sont proches du particulier», souligne Margaux Vignal : un compte en banque, des moyens de paiement, un accès au retrait d’espèces, des solutions d’encaissement, une assurance, des placements… Les PME sont des structures autrement plus complexes, avec des rôles au sein de l’entreprise (dirigeant, directeur financier, des ressources humaines, responsables d’équipe) ayant des besoins et des accès différents.
Les fintechs ne répondent pas pour autant à l’ensemble des besoins bancaires des entreprises: elles ne mettent pas toutes à disposition des conseillers dédiés, et l’absence de lieu physique complique les dépôts d’espèces ou de chèques. Qonto n’est par exemple pas habilité à signer des prêts, un élément pourtant central de l’activité bancaire, et n’autorise pas de découvert.
Rakuten et Trusk continuent d’ailleurs à travailler en parallèle avec des banques traditionnelles, la «multibancarisation» étant une pratique courante pour les entreprises. Les fintechs se développent cependant sur des services connexes, comme l’aide administrative à la création d’entreprise, des outils de facturation électronique, de gestion des notes de frais, de paye… «c’est ce qui séduit les clients», analyse Aqil Pierali, de TNP Consultants.