La formidable croissance de l’aérien

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Un article de Olivier MAZZUCCHELLI, Président, Transavia, paru dans le livre blanc « La révolution des mobilités ».

Les êtres humains ont besoin de mobilité et l’envie de se déplacer est encore plus présente chez les citoyens qu’avant la crise du Covid. Ils ont la volonté de s’enrichir de la rencontre des populations et des civilisations. En 2025, le seuil de 5 milliards de passagers dans l’aérien sera franchi pour la première fois.

Cependant, l’avion figure à l’avant-garde des nuisances infligées à l’environnement. La montée en puissance du développement durable a changé le comportement des citoyens. Le train est désormais privilégié pour les déplacements de moins de 4 heures. Les voyages d’affaires ont aussi diminué depuis que les entreprises incitent les collaborateurs à être plus modérés dans leurs déplacements.

L’impact sur l’environnement

Il est impératif de décarboner le transport aérien. Dans cette perspective, de nouvelles générations d’avions sont progressivement mises en service, avec moins d’émissions de gaz carbonique, moins de bruit et davantage de carburants propres, les fameux SAF (Sustainable Aviation Fuel). Mais il n’existe pas encore une technologie disruptive dans ce domaine.

Safran vient tout juste de faire certifier un premier moteur électrique pour des avions de deux à quatre passagers. La science fera certainement progresser les avions propres mais cela prendra du temps. Pour le moment, les contraintes techniques à surmonter sont énormes. Ainsi, si l’on voulait un Airbus totalement électrique, il faudrait incorporer l’équivalent de son poids en batteries électriques. De même, si l’on décidait d’utiliser 100% de SAF pour tous les avions du groupe Air France-KLM, il faudrait huit centrales nucléaires pour produire ce carburant durable.

Nous sommes encore loin de la cible du Net zéro carbone et il est difficile de savoir à quel horizon cela arrivera. Tout dépendra des moyens financiers qui seront consacrés à la recherche et à l’innovation.

L’essor de Transavia

Créée en 2007, Transavia France, la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM, opère près de 200 lignes aériennes au départ de ses bases d’Orly, Nantes, Lyon, Montpellier, Marseille et Bordeaux. Transavia dessert 120 destinations vers la France, l’Europe et le bassin méditerranéen et poursuit sa croissance sur ses marchés phares, Portugal, Maroc, Tunisie, Algérie. Transavia se développe également sur de nouveaux marchés comme le Cap Vert ou le Sénégal.

La croissance de Transavia est notamment tirée par la reprise des «slots» à Orly, occupés jusqu’ici par Air France. Les dysfonctionnements de la supply chain industrielle ont un impact important sur les compagnies aériennes car les constructeurs aéronautiques et les motoristes ont beaucoup de mal à suivre la demande. La crise du Covid a grippé le mécanisme du marché aérien, avec un coût très élevé pour les compagnies.

L’évolution du modèle économique

Le modèle économique low cost évolue sans cesse et s’avère de plus en plus répandu. On parle désormais de «value cost» pour mesurer la valeur du service par rapport à son coût de production. Transavia se situe parmi les meilleures compagnies value cost. Au classement Skytrax 2024 ; Transavia est la deuxième meilleure compagnie low cost en Europe, et la cinquième à l’échelle mondiale. À titre d’exemple, Transavia développe avec ses partenaires, sous la marque «Transavia Holidays», toute une série de services, notamment hôteliers, autour du voyage.

La performance opérationnelle est l’une des clés de la réussite de toute compagnie aérienne. Elle repose sur des infrastructures adaptées, avec pour priorités le départ des vols à l’heure et la bonne gestion des bagages. Transavia travaille sur les parcours clients au départ et à l’arrivée de chaque vol. Beaucoup de données sont partagées avec les partenaires, en particulier avec ADP, pour fluidifier les trajets.

Le «Revenue Management» à bord des avions est essentiel pour stimuler le chiffre d’affaires et optimiser la rentabilité des vols. Il existe plusieurs services reposant sur des outils d’intelligence artificielle pour développer les sources de revenus : les bagages en cabine, les bagages en soute, la priorité du boarding, le choix du siège… Par ailleurs, les programmes de fidélisation offrent désormais la possibilité de gagner des miles sur tous les vols Flying Blue.

La multimodalité est aussi un sujet important pour une compagnie aérienne afin de répondre à la volonté des usagers de fluidifier au maximum leurs trajets. Transavia est interconnectée avec le métro et intègre la récente ligne 14 jusqu’à Orly et la compagnie se projette également avec la future ligne 15 vers la gare TGV de Massy.

Toutefois, il convient de souligner que nous sommes en train de dé-démocratiser le transport aérien car la pression fiscale est de plus en plus forte. L’aérien est de fait directement impacté par un certain nombre de menaces. Les nouvelles taxes sur l’aérien décidées par le gouvernement (7,40¤ par passager sur les vols Schengen et 15¤ par passager sur les vols internationaux) vont grever les coûts de Transavia avec un impact énorme.

Olivier Mazzucchelli Chief Executive Officer - TRANSAVIA