La transformation des mobilités

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Un article de Yahya SEFRIOUI, Consultant TNP, paru dans le livre blanc « La révolution des mobilités ».

Les modes de transports en France

Les diagrammes présentés dans le livre blanc (à télécharger) présentent la répartition des modes de transport en France en 2022 dans deux secteurs distincts.

Pour le transport de voyageurs, le schéma met en évidence une forte prédominance des déplacements individuels en voiture, avec une part moindre attribuée aux réseaux collectifs tels que le ferroviaire, les autobus et tramways, ainsi qu’une présence limitée du transport aérien.

Pour le transport de marchandises, on remarque que l’activité est largement dominée par le mode de transport routier, tandis que les contributions des autres moyens, comme le ferroviaire et le fluvial, restent relativement modestes.

Ces constats invitent à repenser les politiques de mobilité pour favoriser des modes plus durables et mieux intégrés.

L’évolution des transports d’ici à 2050

Transport routier

Le transport routier connaîtra une autonomisation complète, avec des camions autonomes assurant les longs trajets sans conducteur. Cela allégera le prix de la main d’œuvre tout en augmentant l’efficacité. L’électrification s’imposera, soutenue par des batteries à haute capacité et un réseau de recharge optimisé. D’ici à 2040, les véhicules électriques pourraient représenter 70 % des ventes. Par ailleurs, un réseau de transport intelligent, basé sur l’interconnexion des camions et l’analyse en temps réel des données, optimisera la gestion des itinéraires. Le transport routier pourrait représenter 35 à 40 % du transport global de marchandises.

Transport ferroviaire

Le transport ferroviaire gagnera en vitesse et en connectivité ce qui réduira les délais de livraison et optimisera les chaînes d’approvisionnement. La transition vers l’électrification et les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, s’accélérera, avec l’hydrogène en alternative au diesel. Les trains autonomes et l’optimisation logistique en temps réel amélioreront la gestion des cargaisons. Le volume du fret ferroviaire pourrait augmenter de 50 %, notamment en Europe, en Asie et aux États-Unis.

Transport aérien

Les avions électriques et hybrides deviendront courants pour les trajets courts et moyens, réduisant les émissions et les coûts opérationnels. Les taxis aériens à faible émission de carbone, alimentés par batterie, se développeront dans certaines grandes villes pour des trajets courts. Plusieurs entreprises prévoient de lancer leurs services dès 2025. Parallèlement, des avions supersoniques ou hypersoniques pourraient révolutionner les trajets interurbains en diminuant considérablement les temps de vol. Le transport aérien de passagers pourrait atteindre 10 milliards de passagers par an d’ici à 2050, avec des gains importants en matière de réduction des émissions de carbone par passager-kilomètre.

Transport maritime

Le transport maritime de marchandises sera largement automatisé, avec des navires sans équipage pilotés par l’intelligence artificielle, amortissant coûts et risques humains. La transition écologique s’accélérera grâce à l’hydrogène, aux batteries électriques, aux carburants alternatifs et à des innovations telles que les voiles. On peut envisager des ports connectés à des infrastructures intelligentes, réduisant les temps de transit et les coûts de manutention grâce à la robotisation et à l’intégration de l’Internet des objets (IoT). Le fret maritime poursuivra sa croissance, atteignant probablement 15 milliards de tonnes par an, avec une part accrue du transport de marchandises en conteneurs.

Transport fluvial

Le transport fluvial connaîtra un renouveau grâce à la modernisation des voies navigables et des infrastructures portuaires, favorisant des opérations plus efficaces et écologiques, notamment en Asie et en Europe. Les barges et navires fluviaux pourraient adopter l’hydrogène ou des moteurs électriques pour réduire les émissions. Bien qu’une augmentation modeste soit attendue dans les prochaines décennies, l’impact environnemental positif pourrait encourager davantage de pays à développer le transport fluvial.

Le transport maritime

Les ports et les énergies durables

  • 2,5% des émissions mondiales de CO2 proviennent du transport maritime.
  • L’Organisation Maritime Internationale OMI vise une réduction des émissions du secteur de 40 % d’ici 2030 et 70 % d’ici 2050.
  • Les ports de Barcelone, Anvers-Zeebrugge, Dunkerque et Rotterdam ont inauguré des terminaux GNL depuis 5 à 6 ans.
  • Le port de Marseille-Fos dispose du souteur Gas Vitality, pouvant stocker 18 600 m3 de GNL et ravitailler jusqu’à 2 000 m3 par heure. La vitesse de soutage est essentielle pour ne pas retenir les navires à quai au-delà de leur temps de planche.
  • Le port d’Anvers-Bruges prévoit une station d’hydrogène vert opérationnelle en 2025.
  • Les ports de Bremerhaven, Nantes Saint Nazaire, La Rochelle et Esbjerg sont devenus des hubs pour l’assemblage et la maintenance d’éoliennes offshore.

La reconfiguration des supply chain mondiales

  • La route maritime du Nord pourrait devenir une alternative stratégique grâce à la fonte des glaces, réduisant jusqu’à 30 % le temps de trajet entre l’Europe et l’Asie.
  • Le port de Singapour centralisera ses activités sur le Tuas Mega Port d’ici 2040, optimisant la gestion des flux.
  • En France, le GIE France PCS couvre 95 % des ports, fluidifiant les chaînes logistiques avec, dans chaque port, une plateforme unique d’échange d’informations.
  • Le développement des solutions blockchain vise à sécuriser les échanges de données et garantir la traçabilité des marchandises.
  • Des zones logistiques flexibles émergent pour s’adapter aux fluctuations des flux, améliorant la résilience des chaînes d’approvisionnement.